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jeudi 27 février 2014

Pendant que M. Kessler boit un verre, les élèves de CP de l'école Brunschvicg-Rousseau boivent des pots de toutes sortes...

Etonnante coïncidence, pendant que Frédéric Kessler buvait un verre en charmante compagnie, nous buvions des pots dans le cadre de notre travail sur les expressions.
Et en CP, à l'école Brunschvicg-Rousseau, on en boit de toutes les couleurs !
On peut boire un pot "de lait", "d'eau", "de chocolat", mais aussi "les gouttes de pluie", les "pots pour bébé", "la neige"...
On peut boire dans "un gros pot, quand on a très soif", on peut boire "dans un seau", "dans un verre", mais aussi "dans un pot de chambre", "un pot de yaourt" (normal puisque, comme chacun sait "le yaourt c'est liquide"), dans "un seau de plage" ou même "dans un verre" !
Mais, attention, il convient d'être vigilant : parce que, parfois, boire un pot peut également signifier "payer l'impôt". Alors, un bon conseil : ne laissez pas n'importe qui vous proposer de boire un pot, on ne sait jamais : vous pourriez vous faire détrousser...


Isabelle Sandevoir.

samedi 8 février 2014

Discussion autour de la proposition de Jeanne : le mot "opinion"

 ( En réponse au commentaire de Jeanne)

Suite à la proposition de Jeanne (voir la rubrique commentaire: ici), l’ensemble des élèves de la classe de CP s’est penché sur le sens du mot "opinion". Avec l’aide de la maman d’Augustin, ils sont allés sur le blog voir la définition proposée par Jeanne et ont réfléchi à ce mot complexe.
Voici le fruit de leur réflexion :

Que signifie « avoir une opinion » ? :
Peu d’élèves ont répondu à cette question.
Mais, l’opinion peut être « un avis », « de l’eau pourrie » ou « un poisson »…

Peut-on changer d’opinion ?
Pour la majorité d’entre eux, il est possible de changer d’opinion. Certains ont « plein d’opinions », beaucoup considèrent que « c’est embêtant de ne pas avoir la même opinion que les autres. Par exemple, on ne peut pas jouer aux mêmes jeux ». Certains peuvent aller jusqu’à « changer toujours d’opinion pour être comme (leur) copains ».

Doit-on avoir la même opinion que ses amis ?
« On n’est pas obligé mais c’est quand même plus facile ». « Si on a une opinion différente on parle pour convaincre ». Mais, pour d’autres, « on se bagarre ». Certains « n’ont jamais la même opinion que (leurs) amis ».
En revanche, sur les bonbons, tous les enfants ont la même opinion !

Doit-on toujours avoir la même opinion que ses parents ?
Les avis sont partagés : « on peut mais ce n’est pas bien » ; « j’ai le droit mais je dois obéir quand même ».

A quel âge peut-on avoir une opinion ?
«  A 2 ans », « à 6 ans », « il faut savoir parler pour donner son opinion ».
Pour d’autres, un enfant n’a pas le droit d’avoir une opinion. Du coup, il faut attendre « 18 ans » ou « 49 ans » pour pouvoir donner son opinion. Mais : « j’ai le droit d’avoir une opinion comme celle de maman ».

Comment donner son opinion en politique ?
« Papa crie devant la télé ». « On envoie un texto ».
Mais, pour tous, on peut donner son avis au Président de la République en allant sonner chez lui pour lui parler. Avec une précision toutefois : « il faut lui parler gentiment ».

Isabelle Sandevoir

samedi 18 janvier 2014

Le costume de ministre

Les CP de l'école Brunschvicg-Rousseau ont découvert "Mon père c'est le plus fort". Ce fut un vrai régal d'écouter leurs réactions. Cet album les a fait beaucoup rire. Il faut dire qu'il y a une forme de transgression jubilatoire dans le fait d'entendre les deux papas loups se traiter de noms d'oiseaux...
Ce fut également l'occasion d'aborder les thèmes de la différence, de la tolérance et de l'exemplarité et de constater que "les loups c'est la même espèce, c'est comme les humains, donc ils sont pareils même s'ils ne sont pas habillés pareils". "Oui, mais le loup des villes il parle bien, alors que le loup des bois il est plus méchant". On touche là le problème de la différence de culture, de métiers, de lieux de vie (de quoi aurait-ton l'air dans les bois avec un costume de ville ?). On sent bien que nos enfants des villes se reconnaissent davantage dans le loup des villes parce que "dans les bois ou à la campagne on n'y va pas pour travailler, on y va quand c'est les vacances".

En flânant ainsi à travers l'album, nous nous sommes arrêtés sur une expression à échanger, à savoir :
"Porter un costume de ministre". 

Qu'est-ce que cela peut bien signifier ?
C'est avoir un costume "de ville", "de bal", "de travail".
"C'est obligé : un costume avec une cravate".
"C'est être habillé comme le président ou comme un ministre".
"C'est peut-être un ministre qui a tricoté les habits du loup des villes".

Mais, qu'est-ce qu'un ministre ?
Alors, là, moi qui ricanait bêtement à l'avance à l'idée de voir "sécher" les élèves, j'ai été estomaquée et bluffée par la réponse d'un petit bout de chou d'à peine 7 ans : "Alors, en haut il y a le Président, après, il y a le Premier Ministre et après, les autres ministres". Quoi de plus clair ...?

Que font les ministres ?
" Ils donnent des conseils, des ordres".
"Ils décident de ce qu'on doit faire. Par exemple, François Hollande a décidé de faire la Première Guerre Mondiale". Il est vrai qu'entre l'intervention en Centrafrique et le centenaire de la Première Guerre Mondiale, il y a sans doute de quoi se perdre quand on a 7 ans...

Une femme peut-elle être ministre ?
Réponse : OUI à l'unanimité de la classe.

Mais alors, à quoi ressemble un costume de ministre pour femme ?
"Une jupe noire et un T-shirt avec une cravate".
"Un T-shirt court comme le tien avec un pantalon et une cravate".
"Une chemise pour filles, un pantalon un peu noir et une cravate".

Comme je le disais plus haut : la cravate est obligatoire... et elle n'a pas de sexe.

Isabelle Sandevoir.

vendredi 3 janvier 2014

Proposition de mots nouveaux à échanger

En cette période hivernale, les CP de l'école Brunschvicg-Rousseau proposent deux mots nouveaux à échanger.
Le premier mot est : solstice.
Le 21 décembre était en effet le solstice d'hiver et ce mot a suscité des réflexions diverses de la part des enfants, qui ont proposé les définitions suivantes :
- "C'est quand le sol glisse."
- "C'est quand on glisse sur la glace ou quand la glace se casse."
- "C'est quand il y a de la musique parce que le sol est une note de musique."
Personnellement, j'aime ces définitions. Elles ne sont pas le fruit du hasard, elles sont fondées sur la sonorité des mots ou sur la recherche d'un radical ayant du sens.

Le second mot nouveau proposé à échange est : croquemort.
Ce mot est tiré de l'ouvrage de Frédéric Kessler "A mort la mort". En effet, la classe de CM1 de Madame Vandromme, à l'école Brunschvicg-Rousseau, a mise en scène et filmée un extrait de l'oeuvre, dans le cadre de sa participation au "Camion des mots". Cette courte représentation théatrale est visible sur internet (ici).
Les CP, qui ont vu leurs camarades de CM1 évoluer sur scène, ont "adoré" la pièce...mais n'ont pas tout compris. Ils pensaient que "croquemort" était une expression et non un mot à part entière, et ils n'ont pas compris pourquoi cette personne avait violemment et gratuitement mordu l'orteil d'un autre congénère, certes en moins bon état.
Et, étrangement, les histoires de radical, composition de mot, écouter le mot, etc...n'ont pas su venir à bout de la résistance de leur esprit d'abstraction. Que peut bien signifier "croquer la mort" ? Pourquoi diantre"croquer un mort" ?
La solution au problème a tout de même été trouvée, mais ils se sont bien "creusés la tête" (on travaillera cette expression ultérieurement) !

Isabelle Sandevoir


jeudi 28 novembre 2013

Venez "jeter un oeil" à la bourse d'échanges de mots sans en "perdre votre latin" ni "prendre vos jambes à votre cou".

"A l'emporte-pièce", voire "à l'insu de mon plein-gré" comme dirait le Cycliste, Frédéric Kessler m'a nommée co-admistratrice de la bourse d'échanges de mots et d'expressions et m'a qualifiée d'experte en linguistique ce qui est tout à fait "hyperbolique", "dithyrambique" (bon, je l'admets, ces mots sont un peu "tirés par les cheveux"), et somme toute, inexact.
Je suis simplement une enseignante de CP adepte du ludique (et donc des expressions) et du beau (et donc des jolis mots). Avec la classe, nous allons effectivement travailler sur les expressions dont Frédéric Kessler est friand dans ses livres (de la classique "rouge de colère" à ma favorite qu'il a dû me voler dans mon subconscient : le fameux "tricot de porc" que j'ai l'habitude de métamorphoser en "tripot de corps"), à partir des définitions des enfants, de leur compréhension, de leurs illustrations ou de leurs inventions.
Nous comptons sur vous pour enrichir cette bourse d'échanges par vos contributions, vos idées, tout en sachant que le concept de "mots nouveaux" est très subjectif, puisque ce qui est nouveau pour un enfant de CP ne l'est généralement plus pour un plus âgé (quoique).
A propos d'expressions, je vous livre cette courte poésie de Claude Roy que j'ai choisie pour introduire le travail sur les expressions avec les enfants :

L'enfant vraiment désordonné

Cet enfant perd tout ce qu'il touche.
Etre désordonné, c'est laid :
Il prend sa clef et perd sa clef.
Il prend la mouche et perd la mouche.
Cet enfant-là perd vraiment tout.
Et quand il prend ses jambes à son cou,
il perd ses jambes, il perd son cou :
il perd tout !


Voilà !
Comme nous n'avons pas "la science infuse", nous comptons vraiment sur tous pour enrichir ce blog, partant du principe qu'on est moins bête à plusieurs que tout seul.
Alors, comme dirait Frédéric Kessler : "prends ton crayon, je prends ma binette, et faisons-leur une bonne recette !" in, Mon père, c'est le plus fort...

Isabelle Sandevoir.