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mercredi 5 février 2014

Echange le mot "croquemort" contre une expression.




A l’attention de Madame Sandevoir et ses élèves,

Si le mot « Croquemort » que vous avez en votre possession est encore disponible, j’aimerais vous l’échanger contre une expression qui me pose bien du souci :

Figurez-vous que je rends visite à Georges mon meilleur ami tous les lundis soirs à 21h30. Chaque lundi à 19h30 précises, il m’envoie un texto d’invitation :
- Frédéric, rendez-vous ce soir à 21h30 pour boire une limonade.
Mais lundi dernier patatras ! Un petit détail dans son texto d’invitation avait changé :
- Frédéric, rendez-vous ce soir à 21h30 pour  « boire un verre. »

Je me suis longuement interrogé sur le sens de cette expression-là: «  boire un verre ».

- Si j’avais été un fakir qui marche sur les clous et mange du verre pilé, et si Georges m’avait invité à 21h30 pour « manger un verre » j’aurais sans doute répondu favorablement à cette invitation. Mais je ne suis pas un fakir et Georges ne veut pas m’offrir un verre à manger mais à boire.

- George veut me faire boire un verre en verre. Alors que tout le monde sait que les verres en verre sont bien trop solides pour être bus.

- Peut-être qu’il veut me faire boire un verre en plastique mou. Mais ça non plus, ça ne se boit pas.

J’ai réfléchi encore et encore à cette invitation étrange et à la fin, j’ai décidé pour la première fois depuis de longues années de ne pas aller chez Georges le lundi soir à 21h30.

Et vous, qu’auriez-vous fait à ma place ?

En attendant votre réponse,

Frédéric Kessler

mercredi 27 novembre 2013

Les mots compliqués

Figurez-vous que samedi soir, j’ai dîné avec un ami scientifique. C‘est un chercheur en mathématiques. Ne me demandez pas ce qu’il cherche, et surtout ne me demandez pas ce qu’il trouve, car je serais bien incapable de vous l’expliquer.


Alors que nous étions en train de nous régaler d’une plâtrée de potchvlech* avec des frites, il s’est mis a me parler de son travail, et je me suis mis à m’ennuyer ferme, car je n’y comprenais rien. Alors j’ai demandé :
- Nous sommes ami n’est ce pas ?
- Ah ça oui, il a répondu. Nous sommes les meilleurs amis du monde.
- Eh bien, j'ai fait en m’énervant, c’est comme ça que tu me traites, moi, ton meilleur ami en me racontant des choses très compliquées, qui me fatiguent les neurones.
- Mais non, ce n’est pas compliqué, il a dit en souriant gentiment. C’est juste que c’est nouveau pour toi, alors tu ne comprends pas.

Pour tout vous avouer, cette conversation m’a fait réfléchir, et m’a fait penser à tous ses mots compliqués que l’on trouve dans les livres. Et si les mots « compliqués » n’étaient que des mots « nouveaux », qu’il suffirait de côtoyer pour qu’ils deviennent faciles à comprendre.

Après tout, un mot, c’est un peu comme une personne, la première fois qu’on le rencontre, on se dit :
- C’est qui celui-là ? Il a l’air trop bizarre.
La seconde fois qu’on le croise, on se dit :
- Tiens ! Mais je l’ai déjà vu, lui, il a l’air cool.
La troisième fois on le salue.
La quatrième fois, on fait un brin de causette
Et la cinquième fois, on va boire un coca ensemble.

Sachez  que j’ai des mots plein mon escarcelle*, et je compte bien partager avec vous tous ceux que je préfère et quelques uns que je déteste. Et si vous ne les connaissez pas, j’aurais encore plus de plaisir à vous les offrir. Avouez que c’est bien plus amusant de recevoir en cadeau des choses qu’on n’a pas. Imaginez un peu que l’on vous offre pour Noël, un jeu vidéo que vous avez déjà…

A bientôt,

Frédéric Kessler.

* j’ai malencontreusement égaré la définition « d’escarcelle » que je comptais vous offrir. Si quelqu’un la retrouve, merci de la déposer ici à mon intention.

* « potchvlech » voila un mot nouveau pour moi, car je viens tout juste d’arriver dans le nord. La première fois que je l’ai entendu et lu, je l’ai trouvé très compliqué à dire et à écrire. (J’échange la définition et la recette de ce plat très compliqué à dire, contre ce que j’ai pensé la première fois que j’ai vu de mes yeux vus, un potchvletch vivant...).

mardi 26 novembre 2013

« La bourse d’échange de mots nouveaux » est officiellement ouverte.



Mesdames et messieurs les élèves de Lille Lomme et Hellemmes,

« La bourse d’échange de mots nouveaux » vous ouvre ses portes. Vous êtes invités à y déposer les mots nouveaux que vous venez de rencontrer sur ce blog ou ailleurs, en indiquant leurs définitions.


Mais il n’y a pas que les mots nouveaux dans la vie. Il y a aussi des mots qu’on adore depuis toujours  et d’autres qu’on ne peut pas piffer. Certains sont délicieux à prononcer, d’autres piquent la langue tant et si bien qu’on aimerait les oublier. Alors n’hésitez pas à nous faire profiter de ceux qu’il vous plaît à dire et de ceux qui vous écorchent les oreilles quand vous les entendez. En n’oubliant pas, de nous raconter ce qu’ils veulent dire et pourquoi vous les aimez, ou au contraire pourquoi vous les détestez.

Mais il n’y a pas que les mots qu’on adore et qu’on déteste dans la vie. Il y a aussi les «expressions». Figurez-vous qu’une maîtresse et ses élèves de l’école Brunchvicg sont des chercheurs en linguistique, qui se passionnent pour les expressions diverses et variées de la langue française. Madame Sandevoir et sa classe, ont emménagé sur “la bourse d’échange de mots”, afin de nous faire partager le fruit de leurs recherches.

En un mot (nouveau) comme en cent, « la bourse d’échange de mots nouveaux » est officiellement ouverte, qu’on se le dise !

Frédéric Kessler